C'est dans le domaine de la musique que son action a été la plus significative: au delà d'un soutien financier personnel à certains artistes (Boulanger, Haskil, Rubinstein, Horowitz) et à quelques compagnies (et non des moindres - les Ballets Russes, l'Opéra de Paris, l'Orchestre Symphonique de Paris), la passion de sa vie a été de commander des pièces originales à des compositeurs inconnus et sans le sou et d'en créer les oeuvres dans son salon parisien. La liste de ces créations est aussi impressionnante qu'exceptionnelle: les plus célèbres sont le Renard de Stravinsky, le Socrate de Satie, el Retablo de Maese Pedro de Falla, le Concerto pour deux pianos et le Concerto pour orgue de Poulenc.
Son salon était également un lieu de rencontres privilégié pour les grandes lumières de ce début de siècle. On y croisait Proust, Cocteau, Monet, Diaghilev, Colette. Quand Proust évoque les salons culturels, c'est souvent de celui-ci qu'il s'inspire. Des artistes femmes comme Ethel Smyth et Adela Maddison ont, elles aussi, profité du mécénat artistique de la Princesse, celle-ci n'hésitant pas à jouer de son influence pour que soient créés des opéras dans les plus grandes villes d'Europe. Mécène des Ballets Russes, elle le devint très vite de ses compositeurs attitrés. Sylvia Kahan redonne vie et âme à cette amoureuse des arts dont l'influence sur la musique du vingtième siècle reste encore incalculable. Sylvia Kahan est pianiste et professeur de musicologie à l'Université de Staten Island, Université publique de la ville de New York.